Lors d’une table ronde de 2012 consacrée à la «solidarité» européenne[1], Richard Sulík, eurodéputé slovaque[2], remit en cause les mécanismes imposés par les instances de Bruxelles en 2010 et 2011 visant à renflouer les Etats européens en faillite[3], notamment la Grèce, car s’effectuant sur le dos des contribuables européens. C’est alors qu’à bout d’arguments, Martin Schulz[4], président du Parlement européen, se livra à une attaque ad nominen. Mal lui en prit. Dans la nuit, Richard Sulík devint un héros national ! Une vidéo percutante qui n’a rien perdu de son actualité… et nous montre une fois de plus les capacités de résistance des petits pays d’Europe centrale au despotisme des eurocrates.

Richard Sulík. La zone euro est soumise à certaines règles. Par exemple, au traité de Lisbonne. L’article 125 de la Constitution européenne stipule que chaque pays est responsable de ses propres dettes. Cette disposition n’a tout simplement pas été mise en œuvre, pourtant il y avait une raison précise pour le faire. Et vous venez nous faire de grands discours sur la «solidarité»! Mais les lois ont été violées. La Banque centrale européenne n’avait pas le droit de racheter les dettes souveraines, pourtant elle l’a fait. Chaque pays devrait être responsable de ses dettes. Pourquoi cela n’a-t-il pas été appliqué? De quel droit? Et quand quelqu’un s’y oppose et s’élève contre la violation de la loi, vous arrivez avec votre «solidarité».

Maybrit Illner : La discussion ne portait pas sur ce sujet…

Martin Schulz : Il faut tout de même dire deux mots dans les intérêts du peuple slovaque. Il faut constater que vous représentez une petite minorité du peuple slovaque.

RS : Pourquoi amener la discussion sur un terrain personnel? Parlons du sujet!

MS : Les autres pays sont tous d’un avis différent et j’en suis très heureux…

RS : Qui représentez-vous donc, M. Schulz?

MS : La Slovaquie a grandement bénéficié des fonds de solidarité de l’UE…

RS : Pourquoi restez-vous sur un terrain personnel? Pourquoi ne présentez-vous pas des arguments?

MS : Vous n’êtes que le dirigeant d’un petit parti!

RS : Et vous, M. Schulz, qui représentez-vous? Qui a voté pour vous?

MS : 754, je représente 754 parlementaires européens. Je les représente!

RS : [ne se laissant pas interrompre] Oh, 754 ! Moi, j’ai été élu par 300.000 personnes. Dans un suffrage direct!

MS : Mais vous avez été limogé!

RS : Oui, en effet, car nous avons osé dire NON à Bruxelles[5]!

Sources

http://unser-mitteleuropa.com/2016/11/17/richard-sulik-sk-startet-frontalangriff-auf-angela-merkel-im-eu-parlament/

https://www.youtube.com/watch?v=OafqVVmVQHI

[1] Menée par la journaliste Maybrit Illner.

[2] Né à Bratislava en 1968. Economiste, chef d’entreprise. Président-fondateur du parti Sloboda a Solidarita (SaS, Liberté et Solidarité). Premier ministre de 2010 à 2011.

[3] Fonds européen de stabilisation financière (FESF) de mai 2010 et Mécanisme européen de stabilisation financière (MESF) de janvier 2011. http://opee.unistra.fr/spip.php?article295

[4] Né en 1955 à Eschweiler, Allemagne. Président (socialiste) du Parlement européen depuis le 17 janvier 2012. Ses revenus de haut fonctionnaire européen font scandale en RFA : il touche une indemnité journalière de 304€, 365 jours sur 365, indépendamment de sa participation ou non aux séances du Parlement. Ce qui, ajouté à son traitement mensuel, porte ses revenus à un montant de 322.544€. Le comportement de Schulz suscite beaucoup de réactions. Ainsi l’esclandre qu’il provoqua en 2014 avec sa phrase: «Pour moi, la nouvelle Allemagne n’existe que pour assurer l’existence de l’Etat d’Israël et du peuple juif.» Quid aussi de l’Europe ? http://www.haaretz.com/misc/iphone-article/.premium-1.574332

Le 27 juin 2016, il tomba le masque en déclarant : «Il n’est pas dans la philosophie de l’UE que les peuples décident de leur destin.» Un grand démocrate assurément! http://www.globalecho.org/62707/unfassbar-martin-schulz-der-buchhandler-jetzt-eu-prasident-laesst-die-maske-fallen/

[5] Richard Sulík fut congédié après s’être opposé au FESF et que le SaS se fut abstenu lors du vote du 11 octobre 2011 sur l’augmentation de capital du FESF devant servir à renflouer la Grèce. Il fit alors valoir que les retraités grecs percevraient ainsi des pensions plusieurs fois plus élevées que les retraités slovaques. Le gouvernement est tombé et la Slovaquie a été forcée de revoter dans le «bon sens».

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