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Le Rassemblement national a également été condamné en tant que personne morale, ainsi que 23 autres personnes mises en cause dans l’affaire dite « des assistants présumés fictifs au Parlement européen ».

Par décision du 31 mars 2025, Marine Le Pen a été condamnée à 4 ans d’emprisonnement dont 2 ferme (avec bracelet électronique), à 100 000 euros d’amende et à 5 ans d’inéligibilité, avec application immédiate, ce qui devrait l’empêcher de se présenter aux élections à venir, et notamment les prochaines élections présidentielles.

Cette décision de justice, lourde de sens et de conséquences pour l’avenir politique de Madame Le Pen et de son parti, n’est cependant pas une surprise. En effet, cette « affaire » prospérait maintenant depuis de nombreuses années, et a été une des raisons qui m’ont amené à démissionner du Rassemblement national et du groupe RN dont j’étais un des vice-présidents au Conseil régional des Hauts-de-France.

Comme je l’ai indiqué lors de la conférence que j’ai prononcée devant la presse au mois de septembre 2018, certaines « méthodes » en cours au RN avaient amené Madame Le Pen à l’élection présidentielle de 2017 « avec cinq enquêtes judiciaires visant son parti, ses dirigeants, son micro-parti ou ses proches. » J’ajoutais que l’issue de ces procédures judiciaires pouvait aller jusqu’à être fatale à ce que j’appelais le « néo-front », pour marquer le glissement vers un nouveau parti politique.

Plus précisément, je mentionnais « des courriers électroniques gênants entre Marine Le Pen et Wallerand de Saint-Just, trésorier du parti », et ajoutais que Jean-François Bloc, énarque, ancien secrétaire général de l’Académie de Paris et ancien sous-préfet s’était exprimé en termes très explicites : « Madame Le Pen a jusqu’ici échappé à la Police. Or, elle a détourné de l’argent européen. »

Mon point de vue sur cette situation était alors le suivant :

« Certes, les procédures initiées contre le Front national sont doublement critiquables. Elles sont critiquables dans la mesure où les pratiques reprochées au Front national ont eu cours aussi dans d’autres formations politiques, et que la simple équité commanderait que les mêmes procédures soient appliquées à tous les partis, ce qui n’est pas le cas et peut donc donner l’impression d’une justice « sélective ». Accessoirement, on pourrait même opposer le principe de liberté d’utilisation des moyens alloués aux parlementaires. Mais connaissant les risques qui pesaient sur sa formation politique, Madame Le Pen aurait dû d’abord mettre un terme à ces pratiques pour aller dans le sens d’une administration à la fois meilleure et plus vertueuse. Sachant la possibilité d’avoir à faire face à plusieurs procédures judiciaires, Madame Le Pen aurait dû ensuite provisionner les sommes nécessaires pour y faire face en réduisant le train de vie du Front national. C’est donc surtout une forme d’imprévoyance qui doit ici être pointée du doigt. »

Vice-président du groupe RN au Conseil régional des Hauts-de-France où j’étais chargé des moyens matériels et des ressources humaines, j’ai pour ma part mis un point d’honneur à respecter scrupuleusement les règles d’emploi des moyens alloués à ce groupe, dans les limites budgétaires votées par l’assemblée régionale. Je croyais que partout le RN avait montré la même probité.

Quelles leçons peut-on d’ores et déjà tirer du jugement rendu contre Madame Le Pen et le RN ?

D’abord, que l’éthique a un sens. Les deniers publics attribués aux groupes politiques pour l’exercice des mandats électifs doivent être employés conformément à leur destination, et non librement sous l’inspiration de conceptions pour le moins très « personnelles » de l’utilisation des moyens parlementaires ou autres. Dans un pays comme la France, en proie à une crise économique et sociale, mais aussi politique et même morale, les représentants du peuple doivent adopter une déontologie allant au-delà des seules contraintes réglementaires, et adopter des comportements irréprochables. Et cela vaut pour tous les partis politiques.

Ensuite, que si le temps politique impose des échéances très brèves pour répondre aux événements qui font l’actualité, le temps judicaire est un temps long, où les enquêtes peuvent prendre des mois ou même des années, mais où la sanction finit par tomber, même lorsque la situation a profondément évolué par rapport à ce qu’elle était au moment où les faits jugés se sont produits. Et cela vaut pour tous les partis politiques.

Ensuite encore, qu’il ne sert de rien, quand un jugement est rendu et qu’il est défavorable à une personne ou à un parti politique, d’en appeler à la Nation pour dénoncer une justice prétendument politisée, un coup porté à la démocratie ou une machination machiavélique. La seule ligne de conduite consiste à respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie, comme en dispose la Constitution et conformément aux lois et règlements qui encadrent l’action des formations politiques en France. Et cela vaut pour tous les partis politiques.

La France va mal. 5e puissance économique mondiale au début des années 1980, elle a glissé aujourd’hui à la 7e place.

Son influence dans le monde décline d’autant que, selon les propres déclarations de ses dirigeants, elle ne dispose plus des moyens militaires d’asseoir sa diplomatie. Frappée par une désindustrialisation consentie et, même, voulue par des élites qui ont manqué à leurs devoirs et à leurs responsabilités, elle dépend des importations pour une part considérable de ses besoins. La France est également prisonnière d’une dette publique toujours plus lourde, qui influe sur les politiques que les gouvernements successifs sont contraints de mettre en œuvre d’une part pour rassurer ses créanciers, et d’autre part pour satisfaire les exigences d’une construction européenne qui la dépossèdent de pans entiers de sa souveraineté.

Alors, les Français aspirent au changement.

Un changement pacifique, un changement progressif, mais un changement net et porteur d’espoir. C’est la raison pour laquelle les Français qui s’engagent dans la vie publique doivent avoir le travail pour loi, et l’honnêteté pour guide. C’est la raison pour laquelle les « arrangements » doivent désormais appartenir au passé, et c’est la raison pour laquelle le RN vient d’être condamné. Peut-être y a-t-il eu des arrières pensées électorales chez certains. Probablement y en a-t-il encore chez d’autres. Mais une chose ressort clairement de cette nouvelle situation : il est temps de remoraliser la vie publique en France et de la remoraliser à tous les niveaux et dans tous les partis. Il n’est que temps.

André Murawski – 31 mars 2025

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gaudete
gaudete
il y a 4 mois

C’est tellement vrai son inculture et son mensonge permanent honte à ce chien galeux, j’espère qu’il ne lui reste plus bcp de temps sur ce qu’il croit être son trône