Dans une lettre écrite pour commémorer le 25e anniversaire de l’encyclique de Jean-Paul II Ut unum sint, le pape François confie avoir la « saine impatience de ceux qui parfois pensent que nous pourrions et devrions nous engager plus » dans le dialogue avec les autres confessions chrétiennes. Il annonce que le Vatican publiera à l’automne un Vademecum œcuménique pour les évêques.

« Le Concile Vatican II a reconnu que le mouvement pour le rétablissement de l’unité de tous les chrétiens « est né sous l’effet de la grâce de l’Esprit Saint » (Unitatis redintegratio, n. 1). Il a affirmé aussi que l’Esprit, alors qu’il « réalise la diversité des grâces et des ministères », est    « le principe de l’unité de l’Église » (ibid., n. 2). Et Ut unum sint réaffirme que « la diversité légitime ne s’oppose pas du tout à l’unité de l’Eglise, elle en accroît même le prestige et contribue largement à l’achèvement de sa  mission » écrit le pape François dans sa lettre au Président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, le cardinal Kurt Koch.

« En cet anniversaire, continue le pontife argentin, je rends grâce au Seigneur pour le chemin qu’il nous a permis de parcourir en tant que chrétiens dans la recherche de la pleine communion. Je partage moi aussi la saine impatience de ceux qui pensent parfois que nous pourrions et devrions nous engager davantage. Toutefois, nous ne devons pas manquer de foi et de reconnaissance : de nombreux pas ont été faits en ces décennies pour guérir les blessures séculaires et millénaires ; la connaissance et l’estime réciproques se sont accrues, en aidant à surmonter les préjudices enracinés ; le dialogue théologique et celui de la charité se sont développés, tout comme les diverses formes de collaboration dans le dialogue de la vie, sur le plan pastoral et culturel. En ce moment, ma pensée va à mes Frères bien aimés qui se trouvent à la tête des différentes Eglises et Communautés chrétiennes ; et elle s’étend à tous les frères et sœurs de chaque tradition chrétienne qui sont nos compagnons de voyage. Comme les disciples d’Emmaüs, nous pouvons sentir la présence du Christ ressuscité qui chemine à côté de nous et nous explique les Ecritures et le reconnaître dans la fraction du pain, dans l’attente de partager ensemble la Table eucharistique. »

Et le pape de conclure en louant deux initiatives promues par le dicastère responsable au sein du Vatican des rapports œcuméniques : « La première est un Vademecum œcuménique pour les évêques, qui sera publié l’automne prochain, comme encouragement et guide dans l’exercice de leurs responsabilités œcuméniques. En effet, le service de l’unité est un aspect essentiel de la mission de l’Evêque, lequel est « le principe perpétuel et visible et le fondement de l’unité » (Lumen gentium, n. 23 ; cfr CIC 383§3 ; CCEO 902-908) dans son Eglise particulière. La seconde initiative est le lancement de la revue Acta Œcumenica, qui, en renouvelant le Service d’Information du Dicastère, est une aide pour ceux qui travaillent au service de l’unité », l’objectif des deux initiatives étant que « sur la voie qui conduit à la pleine communion » se fasse « mémoire du chemin parcouru » mais aussi soit discerné le « chemin » qu’il « nous reste » à faire.

Ainsi, malgré l’apostasie collective, visible et non plus silencieuse, des nations catholiques à qui le concile Vatican II, « nouvelle Pentecôte », n’a apporté aucun remède probant pour lutter efficacement contre la déchristianisation de leur peuple et leur perte de sens moral, l’« unité dans la diversité » chère à Jean-Paul II et théorisée à ce dernier concile, conserve sa première place idéologique au sein de l’Église conciliaire, nouvelle tour de Babel vouée à s’écrouler un jour à cause de la diversité des doctrines religieuses qui s’y trouvent, allant du conservatisme moderne aux accents traditionnels jusqu’à un progressisme ultra qui n’est autre qu’un protestantisme dissimulé.

Le pape François s’inscrit idéologiquement dans la ligne moderniste de son prédécesseur Jean-Paul II, il la revendique et en est fier. L’Argentin est le digne fils du Polonais et de son œcuménisme pratique et théorique… La Rome bergoglienne, la digne fille de la “Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues. (…)” et que refusa de suivre Mgr Lefebvre. Un refus qui ne peut être plus actuel…

Francesca de Villasmunda

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