Interrogé sur la décision du pape François de renoncer, pour cause d’épidémie de coronavirus, au traditionnel hommage romain à l’Immaculée Conception le 8 décembre, Mgr Vigano, dans un texte court, ne mâche pas ses critiques envers ce geste bergoglien, nouvelle « preuve de fidélité à la dictature de la santé ».

 « Virgo Potens

A l’approche de la fête de l’Immaculée Conception

Le riche de la parabole (Lc 16, 19-31), après avoir été condamné à l’enfer pour n’avoir pas aidé le pauvre Lazare, demande à Abraham d’avertir ses cinq frères des tortures auxquelles il était soumis, pour qu’ils évitent de tomber dans le même péché. Abraham lui répondit : « S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, même si quelqu’un ressuscitait d’entre les morts, ils ne seraient pas persuadés. » (Luc 16, 31).

Notre Dame, tout au long de l’histoire, est intervenue en tant que Mère aimante pour nous avertir des châtiments qui pesaient sur le monde à cause de ses péchés, pour inviter les hommes à la conversion et à la pénitence, et pour remplir ses enfants d’innombrables grâces. Là où la Parole de Dieu semble oubliée, voici la voix de Marie Très Sainte, maintenant pour annoncer une dévotion particulière, maintenant pour demander des sacrifices et des prières pour échapper aux pestes et aux fléaux. A Quito, à La Salette, à Lourdes, à Fatima, à Rome, à Akita, à Civitavecchia et dans mille autres lieux, la Médiatrice de toutes les grâces nous a mis en garde en appelant l’humanité tourmentée par la rébellion à la loi divine à une vraie repentance et à la récitation du Saint Rosaire. Mais si le temps et les circonstances de ses apparitions changent, Celle qui daigne se montrer à nous pauvres mortels est toujours la même, toujours Miséricordieuse, toujours notre Avocate.

A Fatima, la Dame qui est apparue aux petits bergers a demandé au Pape, en union avec tous les évêques, de consacrer la Russie à son Cœur Immaculé : cet appel n’a pas encore été entendu, malgré le fait que se sont concrétisés les désastres que le monde aurait à affronter s’il n’était pas répondait aux demandes de la Sainte Vierge. L’athéisme militant du communisme s’est répandu partout, et l’Église est persécutée par des ennemis impitoyables et cruels, alors qu’elle est infestée de clercs corrompus et vicieux. Et pourtant, malgré la reconnaissance de l’origine surnaturelle des apparitions et l’évidence des calamités qui affligent les hommes, la Hiérarchie refuse d’obéir à Notre-Dame. «S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, même si quelqu’un ressuscitait d’entre les morts, ils ne seraient pas persuadés », dit Abraham au riche dans la parabole. Est-il possible qu’ils ne sachent même pas écouter la voix de la Mère de Dieu et notre Mère ? Qu’est-ce qui opprime leur cœur, qu’est-ce qui obscurcit leur esprit au point de les rendre sourds et aveugles, alors que le monde s’enfonce dans l’abîme et que tant d’âmes se damnent ?

En obéissance à la Seigneurie universelle du Christ-Roi, nous acceptons également de vénérer la Très Sainte Vierge Marie comme notre Reine. Et lorsque nous invoquons le Notre Père avec les mots « Que votre volonté soit faite », nous savons que cela coïncide parfaitement avec la volonté de notre Mère, modèle d’obéissance et d’humilité qui mérite d’être choisie depuis la nuit des temps pour générer en Son sein virginal le Roi des rois. Tout désir de la Mère de Dieu est pour nous un ordre : il n’a même pas besoin d’être conçu comme un commandement, car notre réponse et notre désir est – et doit être – de lui plaire et de lui donner la preuve de notre fidélité. Et ceci s’applique éminemment aux ministres sacrés, qui dans le Sacrement de l’Ordre portent sur eux l’onction sacerdotale du Souverain Sacrificateur Jésus-Christ : Notre-Dame voit son Fils en chaque prêtre, qui renouvelle mystiquement son propre sacrifice sur l’autel.

Aussi est-il douloureux, d’une douleur sourde et déchirante, de voir l’indifférence de tant d’âmes consacrées et de beaucoup trop d’évêques envers la Bienheureuse Vierge Marie ; cela fait mal et déchire le cœur d’entendre Bergoglio lui-même parler avec un tel manque de respect pour Notre-Dame, et d’apprendre qu’après avoir réduit drastiquement les célébrations pontificales de la dernière fêtes de Pâques, il a décidé de profiter du covid pour annuler une partie des célébrations de Noël et d’annuler l’hommage traditionnel à l’Immaculée Conception, dont le monument se trouve sur place d’Espagne, à Rome, depuis 1857. Ainsi s’en va un autre morceau de Rome, une autre livre de chair que le marchand cynique prétend arracher à la vie des Romains, comme preuve de fidélité à la dictature de la santé.

L’Église des catholiques, l’Église qu’aiment ceux qui s’honorent du nom de chrétien, est celle qui ne recule pas devant l’autorité civile, s’en faisant qui plus est complice et courtisane, mais celle qui endure la persécution avec courage et regard surnaturel, sachant qu’il vaut mieux mourir parmi les tourments les plus atroces plutôt que d’offenser la Très Sainte Vierge et son divin Fils. C’est celle qui ne se tait pas lorsque le tyran défie la Majesté de Dieu, afflige ses sujets, trahit la justice et l’autorité qui la légitime. C’est celle qui ne cède pas face au chantage, ni ne se laisse séduire par le pouvoir ou l’argent. C’est celle qui monte au Calvaire, en tant que Corps Mystique du Christ, pour achever dans ses propres membres les souffrances du Rédempteur et avec lui s’élever triomphante. C’est elle qui aide les faibles et les opprimés avec miséricorde et charité, tandis qu’elle se dresse sans peur et terrible devant l’arrogant et l’orgueilleux. Lorsque le Pontife de cette Église parlait, le troupeau du Christ entendait la voix consolante du Pasteur, dans une longue série de Papes unanimes et attachés à la même profession de foi.

A l’inverse, la soi-disant ‘église’ de Bergoglio n’hésite pas à fermer les églises, s’arrogant le droit méchant de refuser le culte public à Dieu et de priver les fidèles de la grâce des sacrements à cause d’une misérable connivence avec le pouvoir civil. Elle humilie la Sainte Trinité au niveau des idoles et des démons avec les rituels sacrilèges d’une religion néo-païenne ; arrache la couronne et le sceptre au Christ-Roi, au nom du globalisme maçonnique ; offense la Co-Rédemptrice et la Médiatrice pour ne pas ennuyer ses ennemis les hérétiques ; trahit le devoir de prêcher l’Évangile au nom du dialogue et de la tolérance ; se tait et falsifie la Sainte Écriture et les Commandements de Dieu pour plaire à l’esprit du monde ; altère les paroles sublimes et inviolables de la prière que Notre Seigneur nous a enseignée ; profane la sainteté du sacerdoce, effaçant chez les clercs et les religieux l’esprit de pénitence et de mortification et les abandonnant aux séductions du diable ; nie deux mille ans d’histoire, méprisant les gloires du christianisme et la sage intervention de la divine Providence dans les affaires terrestres ; suit avec zèle les modes et les idéologies, plutôt que de modeler les âmes à la suite du Christ ; se fait esclave du prince de ce monde, afin de conserver prestige et pouvoir ; vient prêcher le culte blasphématoire de l’homme en rejetant les droits souverains de Dieu. Et quand Bergoglio parle, les fidèles sont presque toujours scandalisés et perplexes, car ses paroles sont exactement le contraire de ce qu’ils attendent du Vicaire du Christ. Il demande l’obéissance à sa propre autorité, quand il l’utilise pour détruire la papauté et l’Église, contredisant sans exception tous ses prédécesseurs.

Nous avons la promesse de la Très Sainte Vierge Marie : « En fin de compte, mon Cœur Immaculé triomphera. » Inclinons-nous devant ce Cœur qui bat avec la plus pure Charité, afin que la flamme de ce saint amour se reflète en chacun de nous ; afin que la flamme qui y brûle illumine nos esprits et leur permette de saisir les signes des temps. Et si nos pasteurs se taisent par peur ou par complicité, la multitude de laïcs et de bonnes âmes ont l’opportunité de compenser leur trahison et d’expier leurs péchés, invoquant la miséricorde de Dieu qui « a aidé Israël, son serviteur, se souvenant de sa miséricorde » (Lc 1, 54).

Aujourd’hui, les grands prêtres de ce Sanhédrin moderne scandalisent Notre Seigneur et Sa Très Sainte Mère, serviteurs complaisants de l’élite mondialiste qui veut établir le royaume de Satan ; demain, ils se retireront devant les victoires de la Virgo potens, qui restaurera la sainte Église et donnera paix et harmonie à la société, grâce à la prière et aux sacrifices de tant de ses enfants humbles et inconnus. 

Que ce soit notre vœu pour la prochaine fête de l’Immaculée Conception, avec laquelle honorer notre Dame et Reine.

+ Carlo Maria Viganò, archevêque

1 décembre 2020, Feria III infra Hebdomadam I Adventus » (Traduction de F. de Villasmundo)

Si ces critiques sont hautement justifiées, il est cependant un point sur lequel nous ne pouvons que nous inscrire en faux par rapport à l’analyse de Mgr Vigano. Ce dernier soutient en effet que le pape François détruit la papauté et l’Eglise « contredisant sans exception tous ses prédécesseurs » : « Il [le pape François, ndlr] demande l’obéissance à sa propre autorité, quand il l’utilise pour détruire la papauté et l’Église, contredisant sans exception tous ses prédécesseurs » écrit le prélat italien dans le texte traduit ci-dessus.

Au contraire, en s’appuyant sur l’enseignement de Mgr Lefebvre, l’évêque qui pour sauver la Tradition a condamné dès le début la révolution doctrinale du concile Vatican II, nous pouvons affirmer que de Paul VI à Benoît XVI sans exception, ces papes conciliaires qui l’ont promulguée, approuvée, mise en pratique ont participé à la destruction de la papauté et de l’Église, au même titre que l’actuel occupant du siège pétrinien.

Rappelons les mots célèbres de l’archevêque, fondateur du séminaire d’Ecône, qui parlait de « l’auto-démolition de l’Eglise, du « libéralisme du Pape [qui] détruit de l’intérieur la foi catholique », de tout ce que « la liberté religieuse, l’œcuménisme, les réformes conciliaires » prônés par tous ces papes post-Vatican II a d’ « inacceptable », « cela va à l’encontre de la tradition, de la foi, à l’encontre du Magistère de onze papes, de Pie VI à Pie XII. Je choisis de suivre ces onze papes et non les deux derniers (c’est-à-dire Paul VI et Jean-Paul II, ndlr) ». Si l’on considère également les actions hétérodoxes du pape Benoît XVI, qui renouvela le scandale d’Assise et bien des gestes œcuméniques des papes Montini et Wojtyla, il est indubitablement difficile de ne pas rendre les prédécesseurs de François tout autant responsables de l’auto-démolition de la papauté et de l’Église que le jésuite argentin de blanc vêtu.

Mais manifestement, cette prise de conscience de la responsabilité des devanciers du pape François reste un chemin ardu pour ce courageux Mgr Vigano aux mâles paroles, et aux analyses claires, fermes et fortes sur la nocivité du concile Vatican II.  Souhaitons-lui de parvenir à la clairvoyance de Mgr Lefebvre.

Francesca de Villasmundo

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