Nous avions laissé Greta le 13 novembre venant de quitter les Hampton sur un yacht de luxe obligeamment, mis à sa disposition par les « propriétaires » (en fait les lobbyistes du concepteur Catamarans Outremer), vivant sur le bateau qui font la route avec elle et son père, et surtout la “skippeu.s.e” britannique chevronnée Nikki Henderson appelée à la rescousse et embarquée pour la traversée.

https://medias-presse.info/greta-revient/114329/

Le pari est de traverser l’océan en gros jusqu’à la côte portugaise, Greta rejoignant ensuite Madrid par le train (ou à dos d’âne ?) pour assister à la COP 25 qui se tiendra du 2 au 13 décembre…

(On sait déjà que Macron ne s’y rendra pas : les dramatiques changements du climat planétaire évoqués à partir du 2 le préoccuperont évidemment bien moins que les angoissantes fluctuations du climat social français qui vont se révéler dès le 5.)

Selon le Nouvel Obs qui avait révélé l’affaire :

« Le bateau de 14 mètres est parti de Hampton, en Virginie sur la côte Est des Etats-Unis, et prévoit de rejoindre le Portugal, à plus de 5.500 km de distance. La traversée devrait prendre au moins deux semaines, selon Nikki Henderson. »

https://www.nouvelobs.com/monde/20191113.AFP8597/greta-thunberg-a-quitte-les-etats-unis-en-catamaran-direction-l-europe.html

Las, ces prévisions des plus optimistes ne seront pas atteintes ! Loin s’en faut !

La carte ci-dessous reprise du site « La vagabonde » est explicite !

Le navire (point rouge) a un cheminement tracé en blanc depuis les Hampton d’où il a plongé plein sud au départ pour bénéficier du vent.

S’il doit suivre plus ou moins le tracé du 37eme parallèle pour effectuer la route la plus courte, il est bien évident que la navigation à voile est tributaire surtout des fluctuations dépressionnaires, particulièrement  en cette saison : c’est tout l’art des prévisions du routeur et du pilotage du skipper de savoir les anticiper et les utiliser…

On constate déjà que la marche du bateau est très en retard sur les prévisions initiales les plus optimistes d’une traversée de 15 jours : si le vent très majoritairement de ¾ varie entre 15 et 25 nœuds, la vitesse effective de « la vagabonde » varie elle de 5 à 9 nœuds…

La situation au matin du 23 est donc la suivante : le catamaran a à peine parcouru (en ligne droite) plus de 40% de la distance transocéanique (en gros le 37eme parallèle : Hampton USA – Cap Saint Vincent Portugal).

Nous avons figuré, par une croix noire, le « milieu » de ce trajet théorique: nous n’y serons au mieux que demain, mais plus vraisemblablement après demain , d’autant que la vitesse est actuellement tombée pratiquement à moins de 5 nœuds selon les indications mêmesde la carte….

C’est dire que la question qui se pose aujourd’hui est bien de savoir, pour les fidèles de Greta à la COP 25, si elle accostera à temps pour rallier Madrid !

C’est là que les précisions apportés par le Nouvel Obs doivent retenir l’attention :

« La Vagabonde a des panneaux solaires et un générateur hydroélectrique mais également un moteur pour entrer et sortir des ports, comme ce fut le cas mercredi matin pour quitter Hampton.

“On essaie de ne pas utiliser le moteur, c’est le but de tout marin dans le monde”, a dit à l’AFP mardi Riley.

“Il n’y a rien de plus satisfaisant que de se servir du vent pour rejoindre sa prochaine destination”, a abondé Elayna. »

Le concepteur « Catamaran Outremer » indique bien à propos des caractéristiques du modèle 45, celui dont La Vagabonde est l’ambassadeur emblématique : Motorisation 2 x 30 CV

Et bien sûr, biseness oblige, pour les « Australiens » il y a aussi des temps à respecter !

Ils ne cachent d’ailleurs pas leur stratégie comme le soulignait toujours le Nouvel Obs:

« Ils prévoient de filmer et monter des vidéos de leur voyage une fois arrivés à bon port. Entre temps, ils posteront quelques photos sur Twitter ou Instagram. »

Pour l’instant cela marche déjà très fort : en 8 jours, la chaîne youtube des influenceurs a gagné 20 000 abonnés : elle dépasse aujourd’hui 1 190 000 followers!

Financièrement l’opération « Greta je reviens » s’avère donc déjà très rentable !

A défaut d’Egérie pour la COP 25, Greta se retrouve l’otage de la publicité d’Outremer …et elle devra finir son voyage au moteur…

Sinon elle n’a que bien peu de chance d’arrivée sur le plancher des vaches avant la fin de la grand’messe de Madrid !

Si nous évoquions Jacques Brel et Mathilde dans notre dernier article, l’odyssée de Gréta va se finir (« courant décembre ») avec Henri Salvador :

Et alors ? Et alors ?

Greta va arriver eh eh…

Sans se presser eh eh

La Blonde Greta, la frêle Gréta

Avec ses nattes et sa p’tite parka…

Claude Timmerman

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